Zeus serait-il devenu fou?..
 
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 Retour au bercail

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Hadès
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MessageSujet: Retour au bercail   Dim 24 Oct - 16:08

Trop de soleil. Et trop de chaleur.
Oppressé comme à chaque fois qu'il retournait sur l'Olympe, demeure des dieux - et donc la sienne- Hadès, sentit son humeur baisser d'un cran. Humeur qui, au départ, n'était déjà pas très bonne.
Il regarda autour de lui. Nul dieu, ni déesse ni tout autre créature à leur service ne se trouvait dans les parages. Parfait. Il ne tenait pas à ce que tout un chacun apprenne qu'il était revenu, même si ce n'était que pour un bref instant.
Suffocant presque, il refusa pourtant de retirer la cape sombre qui ne quittait jamais ses épaules. Il en avait retiré la capuche mais il était hors de question que le soleil marque sa peau claire des coups de soleil qui ne manqueraient pas d'apparaître. Et puis cette cape le rendait tout de même bien plus impressionnant que s'il était simplement en tunique.
Même cette peste prude d'Athéna y réfléchissait à deux fois avant de lui faire la morale.
A grands pas, il se dirigea vers l'un des coins les plusir de celle qui reculés de la demeure des dieux. Il passa devant le palais d'Aphrodite qui, chose peu commune, ne résonnait pas en ce moment-même des cris de plaisir de cette dernière.
Il ricana. La déesse était pourtant réputée pour être insatiable. Et bruyante.
Quelques instants plus tard, il arrivait devant la demeure qu'on lui avait attribuée des siècles auparavant. Il ne s'y attarda pas, adressant à la bâtisse à peine plus d'un regard.
L'endroit était désert et inhabité depuis longtemps. Jamais, à vrai dire, il n'y avait vraiment vécu. Dedans se trouvaient toujours les objets qu'il avait reçus il y a longtemps des cyclopes mais lorsqu'il avait dû quitter la demeure des dieux, il n'avait pas jugé utile de les emporter. Après tout, si Zeus avait demandé son départ, il lui avait aussi fait savoir qu'il pouvait
parfois revenir pour de courtes, très courtes visites.
Ses congénères ne le craignaient pas - plus d'une fois, Arès lui avait adressé les pires insultes alors qu'il était ivre - mais Zeus avait jugé depuis longtemps que sa présence n'était pas recommandée dans un endroit aussi lumineux et chaleureux que l'Olympe - un endroit où la froideur de la mort n'avait pas sa place - et lui avait
demandé de ne pas les honorer de sa présence plus longtemps.
Ainsi congédié, Hadès s'était fendu d'une ironique révérence avant de partir hanter le monde des mortels de sa funestes présence.
Ce sourire était l'un des rares qui réussissait encore à le faire sourire. Il revoyait la digne figure du roi de l'Olympe alors qu'il énonçait son diktat.
Aujourd'hui le roi était, disait-on, devenu fou et Hadès avait fait tout ce chemin pour le voir de ses propres yeux.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Dim 24 Oct - 21:14

J'étais plutôt satisfait de moi-même. J'avais dégradé les belles statues de mon épouse mais je sentais que cette vengeance manquait d'envergure. Je me devais de trouver une idée plus ambitieuse. Quand je repensais à cette ceinture qui... cette ceinture... Une idée germa dans mon esprit. Ce n'était pas grand chose mais je sentais qu'avec un peu de temps, je pourrais arriver à ce qu'il fallait.
En attendant, je me dirigeai vers ma précieuse forge où je pourrais mieux réfléchir à ma vengeance. Les dalles sur lesquelles je marchais était bien grandes et bien dessinées. Les allées étaient spacieuses et lumineuses. Les palais étaient grandioses, de la plus belle oeuvre ! Leurs piliers semblaient pouvoir résister à tout et à la fin des temps. Chaque dieu avait voulu, par simple narcissisme, avoir la plus belle demeure. Chacun d'eux avaient redoublé d'efforts pour imposer sa domination esthétique d'une part, morale d'autre part. Pourtant, aucun n'avait pu rivalisé avec la demeure de Zeus qui restait incontestablement la plus remarquable. On pouvait cependant trouver que le palais de ma femme n'était pas en reste même si certains esprits moqueurs diraient qu'on n'y allait pas pour admirer la décoration ! Du reste, le palais de Dyonisos était absolument fabuleux.
On croisait généralement peu de monde lorsqu'on se promenait, les dieux étant généralement occupés dans leurs demeures ou visitant les pauvres mortels pour les tourmenter. Pauvres mortels ! Petites créatures tourmentées par la mort, la maladie, la souffrance et le désespoir. Je me demande ce qui les pousse à vivre ! Peut-être sont-ils plus heureux sans complot et machination fomentées par un dieu; sans trahison de la part de ses frères ou de sa femme... Peut-être ont-ils des enfants dont ils peuvent être fiers ?
J'étais plongé dans mes méditations lorsque je vis Hadès au loin. Sa présence sinistre semblait jeter un voile de ténèbres alentour. La lumière semblait repoussée - de dégout ? - autour de lui. Cela ressemblait à une bulle de haine et de malheur qui aurait jailli à la surface d'une eau paisible, répandant son goudron et son poison à sa surface.
Je n'étais pas particulièrement hostile à Hadès qui, dans certaines mesures, avaient des points communs avec moi. Nous vivions tous les deux un peu à part de l'Olympe, moi dans ma forge, lui dans son enfer. Il n'était pas bien vu des autres dieux, de même que l'on me regardait de haut. Enfin, puisque Zeus le repoussait, je ne pouvais qu'éprouver de la sympathie envers l'ennemi de mon ennemi ! Entre bannis, une certaine compréhension mutuelle se crée.
Je décidai d'aller à sa rencontre, cela pouvait se révéler intéressant. Pourquoi pas ? Il n'aimait pas beaucoup parler cela dit et chaque mot qu'il prononçait semblait apporter la mort avec lui.
Par mauvais esprit, je décidai de l'aborder de cette manière:


- Bonjour à toi, Hadès, dieu des enfers. Belle journée, ne trouves-tu pas ? Tu as l'air pâle, tu ferais honte aux grecs ! Que nous vaut le plaisir de ta visite ?
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Hadès
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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Lun 25 Oct - 12:54

Et voilà. Pile quand il se disait qu'il aurait la chance de ne croiser personne dans ce foutu repaire de dieux, il en croisait un. Et Héphaïstos en plus. Le roi des cocus.
S'il seulement il tuait tous les amants de sa femme, Hadès l'apprécierait un peu. Même, il voulait bien lui donner un coup de main dans l'entreprise ; après tout, ils avaient chacun à y gagner.
Mais non, Héphaïstos était avec son épouse, aussi ferme et catégorique qu'un nouveau-né.
Hadès soupira intérieurement. Son humeur avait complètement chuté cette fois.
Il finit par se tourner vers le Forgeron, un air sombre sur le visage mais il fallait croire que ses congénères y étaient plus qu'habitués puisque son interlocuteur de fortune ne cilla même pas.
Trop de temps passé avec les mortels. Malsain. Il devenait urgent qu'il passe un petit séjour sur l'Olympe, histoire qu'ils réapprennent tous à se sentir mal à l'aise en sa présence. Après tout, ça ne pourrait pas leur faire de mal.
Avec délectation, il se permit un bref instant d'imaginer la grimace horrifiée de sa nière détestée quand il lui raconterait ses dernières conquêtes morbides. Athéna n'avait jamais eu le bon goût d'apprécier ses histoires.
Hadès nota que, contre toute attente, Héphaïstos n'avait toujours pas passé son chemin. Dommage. Il avait sa tête de mari éconduit par les humeurs de sa femme. Pitoyable.
Se préparant à devoir engager la conversation, il chassa une poussière imaginaire de sa cape.

-Tenez, regardez qui voilà... De tous les dieux, il fallait que je tombe sur toi...

Bon, cela aurait pu être pire. Apollon aurait pu surgir du ciel comme il savait si bien le faire et lâcher, comme à son habitude, quelques remarques que seul un dieu bien satisfait de lui-même pouvait se permettre.
Et Hadès aurait eu envie de l'écarteler une bonne fois pour toute.

-Je suis venu rendre visite à mon frère, ajouta-t-il avec un sourire sarcastique. Solidarité familiale, tu comprends. Si le roi des rois est devenu fou, il faut bien quelqu'un à son côté pour essayer de le garder dans le droit chemin.

Son sourire n'était même plus sarcastique, il était devenu carrément carnassier. Que la nature lui vienne en aide, il n'avait jamais vraiment réussi à se contrôler.
Son sang bouillonnait carrément dans ses veines, chose qui d'ordinaire n'arrivait que lorsqu'il était sur le point de récolter l'esprit d'un mortel particulièrement désespéré.
La perspective de voir son frère perdre complètement la tête avait cependant son attrait. Mieux encore, il anticipait la jouissance à venir comme jamais auparavant.
Si Zeus était devenu fou... Alors les semaines à venir allaient être particulièrement intéressantes. Il les attendait même avec impatience.
Après des millénaires à le voir forger le monde avec sagesse et mesure, il avait finalement plongé dans l'abîme.
Et Hadès tenait à être aux premières loges pour profiter du spectacle.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Lun 25 Oct - 18:07

Je ne pensais pas qu'il fut possible qu'une chose aussi diabolique, aussi néfaste, puisse se manifester sous une forme à peu près "divine" bien que j'avais un certain mal à me représenter Hadès faisant partie des divinités. Je me le représentais plutôt comme une sorte de trou noir, une singularité qui se manifestait à nous et nous parlait. Le plus effrayant, pour ceux qui n'y étaient pas habitués, était certainement son sourire. Mais pouvait-on qualifier ça de sourire ? C'était plutôt une grotte, un gouffre qui attendait de vous aspirer tout entier. C'était une monstruosité qui allait dévorer votre âme. Son regard était plus perçant que la pointe d'une lance. Ce n'était pas le dieu des enfers, c'était lui l'enfer ! Difficile d'imaginer qu'il puisse avoir un quelconque lien avec Zeus, car bien que je ne portais pas ce dernier dans mon coeur, il ne faisait aucun doute qu'il passait pour une brebis à côté de son frère ! Lorsqu'il me dit: "Je suis venu rendre visite à mon frère, ajouta-t-il avec un sourire sarcastique. Solidarité familiale, tu comprends. Si le roi des rois est devenu fou, il faut bien quelqu'un à son côté pour essayer de le garder dans le droit chemin." son être changea tout à coup de forme. Si on pouvait qualifier sa position précédente de "neutre", celle-ci était manifestement hostile. Je m'attendais presque à ce qu'il fonde sur moi et me dévore. Heureusement pour moi, je ne devais pas être à son goût car il continua à se tenir devant moi avec le même air menaçant. Je répondis:

- Bien sûr. Excellente idée. Il est vrai que si le vieux a perdu le nord, ton aide ne pourra être que précieuse... pour l'achever. Ca ne te fait donc rien d'agir comme un rapace à attendre que ta proie soit affaiblie pour l'attaquer ? Il est vrai que tu n'es pas connu pour ton courage et personne ne s'attend à ce que tu mènes une attaque frontale contre l'Olympe... Si c'était le cas, j'imagine que tu aurais besoin de mes services pour pourvoir aux besoins de tes troupes infernales... Ah ah !

Je me demandais comment il allait réagir. J'avais bien conscience de jouer avec le feu. Mais après ce que m'avait fait Aphrodite, je n'étais plus vraiment moi-même. J'avais été comme un gaz que l'on compresse et que l'on chauffe. J'avais besoin de me détendre dans tout l'espace. Pour ce qui est de chauffer les autres, Aphrodite savait s'y prendre ! C'était même la reine ! Mais repenser à ça me mettait de mauvaise humeur. Cette femme... Elle avait le don de me mettre en colère ! Tout ça à cause de cette ceinture que je lui avais faite ! Je n'avais vraiment pas de chance et ma position n'était pas la plus enviable. Je me demandai si Hadès était plus heureux que moi... Il devait l'être plus que moi car il avait au moins le respect des âmes sur lesquelles il gouvernait... et qu'il terrorisait. La pensée que si j'étais un mortel et qu'il me faudrait aller dans son royaume me donna la nausée.


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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Ven 29 Oct - 15:24

Hadès sentit un rire guttural lui chatouiller la gorge. Voilà ce qui lui avait manqué pendant les années où il avait parcouru le monde parmi les mortels. Quelques insultes inutiles de la part d'un dieu qui pensait pouvoir instiller la honte et le repentir en lui.
Un "rapace"... Mais pour qui le prenait-il ? Lui, Hadès, vouloir lancer une... Comment avait-il dit... Ah oui... lancer une "attaque frontale" contre l'Olympe ? Mais quelle plaisanterie ! Il n'avait jamais voulu de ce caillou et il n'en voudrait jamais. Trop de chaleur et de soleil, trop de dieux en train de piailler sur eux-mêmes et il en passait et des meilleures.
Et puis, même si par le plus malheureux des hasards, la folie finissait par s'emparer de lui au point qu'il voulût s'emparer de l'Olympe, il n'aurait certainement pas besoin de l'aide d'un boiteux soumis à sa femme comme l'était ce bon à rien.
Les morts étaient ses alliés, qu'ils fussent consentants ou non et il n'avait l'utilité de personne d'autre.
Son regard d'un noir insondable se posa à nouveau sur Héphaïstos. Il tremblait presque, le malheureux. Non pas de peur, certes, mais bien de colère ; or il ne fallait pas chercher bien loin pour savoir ce qui pouvait mettre Héphaïstos dans un tel état de fureur. Hadès avait vécu parmi les dieux suffisamment longtemps avant de quitter leur monde pour arpenter les grottes du monde souterrain, pour comprendre qu'Aphrodite avait encore frappé.
De cruel, son sourire devint calculateur. Allait-il oser ? Provoquer Héphaïstos apporterait un peu de divertissement dans cette morne journée mais d'un autre côté, il n'était pas vraiment venu pour ça. Il venait voir son frère afin de se repaître du spectacle de sa possible folie, rien de plus.
Il se décidait à tourner les talons sans rien répondre aux délicates insultes de Héphaïstos quand la tentation instilla son venin dans ses veines.
Si Zeus était bien devenu fou, il le serait toujours dans une petite heure. La seule manière dont les choses pourraient empirer serait que le dieu se jette du haut de sa montagne adoré.
Une alternative qui fit bouillir son sang dans ses veines une fois de plus. Il ne souhaitait pas la mort de Zeus plus que quiconque mais voir le monde que son frère avait créé avec tant de patience être démoli à jamais sans aucun espoir de retour... Mmmh...
Et Héphaïstos qui attendait toujours sa réponse, méfiant, crispé comme s'il s'apprêtait à recevoir sa sentence de mort. Ne savait-il donc pas ? Le dieu des morts n'avait pas le droit de tuer les autres créatures divines. C'était ainsi que son père l'avait créé. Seul Zeus avait droit de vie ou de mort sur eux.
Il s'approcha de Héphaïstos si vite que le Forgeron eut un léger mouvement de recul. Hadès ricana. Où croyait-il pouvoir s'enfuir avec son pied bot ?

-Prendre la place de mon frère, Héphaïstos ? Et devoir à mon tour m'occuper de ce peuple d'assistés ? As-tu perdu la tête ? Toi aussi ?

Un drôle de sourire naquit sur ses lèvres. Il souriait toujours, en toute circonstance, mais jamais par joie sincère. Il vit la pomme d'Adam de Héphaïstos se soulever et ce fut presque comme s'il avait entendu le bruit de sa déglutition. Parfait.

-Je suis un dieu aux plaisirs simples. De fait, je ne suis ici que pour mon propre divertissement, facile à contenter
, ajouta-t-il, toujours en souriant de cette étrange façon. Maintenant, si tu le permets, je vais prendre congé.

A peine prononça-t-il ces mots, que l'atmosphère changea. Des effluves capiteux envahirent l'air, les étouffant presque. La vision d'Hadès se troubla.
Il n'y avait qu'une personne pour faire des apparitions de ce genre.
Un haut-le-coeur le saisit. Les arrivées d'Aphrodite le rendaient toujours malade.

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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Ven 29 Oct - 22:21

Ma petite dispute avec Héphaïstos me perturbait plus que ce que je ne voulais bien le laisser paraître. Certes, j'avais admirablement passé ma rage avec Arès, mais quelque chose me restait en travers de la gorge... Je saisis un grain de raisin sur la table basse qui me faisait face et pensivement, le portai à mes lèvres. A bien y réfléchir, je n'avais vraiment pas été gentille avec lui. Diabolique, même. Tout en portant de nouveau ma main à la coupe de fruits, je repensai à ma rencontre avec Daphné. Je lui devais de l'aide, seule, elle ne pourrait pas faire grand chose. Et pour se faire, j'avais besoin de l'assistance précieuse d'autres dieux. Et tout particulièrement de celle de mon mari, le dieu forgeron. Car s'il savait forger de redoutables armes à tuer, il pouvait également fabriquer de merveilleuses et efficaces armures. J'avais pour projet d'en fournir une à mon Élue. Résolue à faire une des choses qui me révulsait le plus, à savoir m'excuser, je me levai et me dirigeai vers ma commode, nue. Au hasard, je choisis une tenue - une robe de coton rouge pourpre du plus bel effet, avec un décolleté affriolant en fine soie - et l'enfilai. Quand je pense que certains hommes disent qu'il faut toujours trois heures aux femmes pour se préparer... Il m'avait suffit de 3 minutes pour m'habiller et me peigner. Pas besoin d'en faire plus, c'était au naturel que je faisais le plus d'effet : les fards cachaient ma beauté divine. Et nul besoin non plus de chercher une tenue des heures durant : toutes m'allaient à la perfection. Sautillant au bas de l'escalier, je croisai Dalathé et lui sommai de garder la maison close en mon absence : pas question qu'Arès y mettent les pieds quand je n'y étais pas.
M'envolant à quelques centimètres du sol, je pris la direction de la forge de mon mari. Plus j'avançais vers le versant ouest de la montagne, et plus une désagréable sensation m'envahissait. L'air devenait plus moite et froid. Quelques nuages cachaient les rayons du soleil, assombrissant tout le paysage alentour. Et c'est à cet instant que je les vis : Hadès et Héphaïstos en grande conversation. Alors que je les observais discrètement de loin, je vis mon cher et tendre faire un pas en arrière tandis que l'horrible dieu des Enfers fondait sur lui. Cela ne me plu pas du tout, et je décidai d'intervenir. J'étais après tout ici pour quémander de pardon de mon époux, l'aider ne ferait que renforcer ma cause. L'air ambiant m'était difficilement supportable, c'est pourquoi je m'entourai d'une aura d'amour, de beauté et de vie joyeuse pour les accoster. Quand je m'approchai, je constatai avec satisfaction que cette atmosphère était insupportable pour Hadès le machiavélique. Il courbait l'échine, s'apprêtant sans doute à remettre son repas... infernal. Je ne savais pas de quoi mon horrible frère se nourrissait, mais quelques grains de raisins me paraissaient trop... désuets pour lui ! Héphaïstos tourna la tête vers moi, étonné. Quand il m'aperçut, cependant, son expression se fit indéchiffrable. J'avais néanmoins d'autres chats à fouetter : Hadès.


- Mon cher... frère. Votre présence ici me répugne toujours autant. Que faites-vous là ? puis, souriant malicieusement, j'ajoutai... Le charognard que vous êtes aurait-il repéré une proie par delà les Enfers ?
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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Sam 30 Oct - 15:21

Alors que je m'entretenais avec Hadès, une horrible odeur de souffre m'envahit et me déstabilisa. Les paroles d'Hadès n'étaient pas seulement terribles à entendre, mais cette aura qui se dégageait du dieu envahissait vos cinq sens comme si une masse énorme s'abattait sur vous. Tout semblait plus froid, plus sombre, plus mauvais. Cela me fit perdre quelque peu mes moyens, surtout l'odeur, cette odeur de mort et de désespoir.
Je soupçonnais Hadès de mentir. D'abord, ravir la place de Zeus ne serait-il pas le meilleur moyen de l'humilier ? Ensuite, faire du monde des vivants un autre enfer plongé dans le noir et le désespoir n'augmenterait-il pas le plaisir sadique qu'il avait à torturer les âmes ?
Mais je ne pus me livrer plus longtemps à d'autres pensées que je fus projeté hors de la conversation. Je me revoyais avec Aphrodite, si belle, si pleine de vie, si terrible aussi, car, de tous les dieux, elle était la seule à pouvoir blesser mon coeur - ce qu'elle faisait sans remord lorsqu'elle se réfugiait dans les bras d'Arès, ce dieu ridicule et stupide qui n'était, selon-moi, qu'un autre Hadès: l'un se délectait de torturer les morts, l'autre prenait plaisir à guerroyer contre les vivants. Deux entités maléfiques que, si cela m'avait été possible, j'aurais enfermé au centre du monde.
Revoir ainsi la déesse dans mes pensées, pourtant, me fit du bien. J'avais l'impression de revenir vers la lumière. L'air vicié que je respirais sembla faire place à un air plus frais, plus pur. Etait-ce mon imagination ? Hadès avait-il disparu ? Non car bientôt, j'entendis quelqu'un prononcer ces paroles: "- Mon cher... frère. Votre présence ici me répugne toujours autant. Que faites-vous là ? puis, souriant malicieusement, j'ajoutai... Le charognard que vous êtes aurait-il repéré une proie par delà les Enfers ?" Qui cela pouvait-il être ? J'étais perdu dans un état de semi-conscience où des images passaient en boucle devant mes yeux. Je tentai de revenir à moi. Aphrodite... elle nous avait rejoint. Son aura luttait contre celle d'Hadès. je n'avais pas donc pas rêvé, pas totalement. Je regrettais de ne dégager aucune aura autour de moi, me laissant quelque peu vulnérable à celle des autres. C'était le prix à payer lorsqu'on ne représentait pas de puissances telles que l'amour ou la mort, deux forces nécessaires à la vie des mortels: l'une pour procréer, l'autre pour faire place à la nouvelle génération. Le cycle pouvait ainsi se poursuivre. Si Arès était le pendant d'Hadès, Aphrodite n'était pas son opposé. Elle lui était complémentaire. C'est ainsi que les choses fonctionnaient.
Je restai muet. J'attendis la réponse d'Hadès.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Sam 13 Nov - 15:21

Parfait. Tout simplement parfait. Non seulement il avait à endurer la présence d'Héphaïstos mais en plus il devait désormais supporter celle, autrement plus détestable, d'Aphrodite.
Aphrodite et ses manières de princesse, ses longs cheveux blonds et sa voix de crécelle. Toujours à piailler une platitude ou l'autre sur l'amour ou le sexe, complètement inutile quand on en venait aux choses sérieuses.
Il supportait à peine qu'on prononce son nom alors devoir lui faire la conversation ? Plutôt mourir.
Il apprécia un bref instant le délicieux paradoxe de sa pensée avant de tourner vers la déesse un des ces sourires dont il avait le secret et qui suffisait à faire trembler de peur les mortels qui croisaient son chemin.
Il sentait désormais à peine la présence d'Héphaïstos, il semblait s'être complètement effacé entre eux.
Hadès renifla avec dégoût. Héphaïstos n'avait jamais été dieu à se lancer dans les conflits. Il les laissait aux autres. Si cela n'avait pas été d'un pathétique profond, il aurait pu en rire mais pour l'instant, il sentait seulement le mépris le gagner à toute vitesse.
Les dieux étaient parfois plus faibles encore que les humains.
Il devenait urgent qu'il se dirige vers d'autres cieux plus solitaires où il n'y aurait personne pour venir le perturber dans ses plans.
Il tenait simplement à voir si ce qu'on disait de son frère était vrai. La chose n'aurait pas dû prendre plus de cinq minutes mais voilà qu'il s'éternisait sur ce sale caillou où les dieux avaient élu domicile.
Il aspirait à la paix et à la solitude. Des siècles durant, il avait parcouru le monde, tué des mortels sur son passage, toujours avec l'accord des Moires, et joui de la vie éternelle qui était la sienne, tout cela sans presque jamais croiser le chemin d'un seul dieu.
Et voilà qu'aujourd'hui, alors qu'il revenait en ce lieu qui avait été sa maison avant qu'il ne s'enferme sous terre un temps durant, il croisait deux divinités en l'espace d'un quart d'heure.
Et Aphrodite qui dégageait toujours ces odeurs entêtants. Un mal de tête le menaçait à présent, comme si on essayait de creuser l'arrière de son crâne avec un pieu.

-Voilà l'épouse cruelle qui fait son apparition. Franchement Aphrodite, tu pourrais faire preuve d'un peu de tact. Ce pauvre Héphaïstos se sent tout minuscule maintenant. Et arrête de m'agresser avec ces relents de niaiseries que tu me sors depuis tout à l'heure, ajouta-t-il avec une grimace dégoûtée. Merci mais j'ai même pas envie de te tuer -passer l'éternité avec une enquiquineuse comme toi... Je suis le dieu de la Mort, très chère, pas celui des masochistes.

Par lui-même, il avait atteint son quota. Encore une minute en compagnie de ces deux énergumènes et il allait finir par étouffer. Ses âmes damnées tapaient contre son crâne alors qu'il sentait l'agacement causé par les effluves entourant Aphrodite le pénétrer. Fichue déesse. Entre Athéna et elle, il ne savait pas laquelle il détestait le plus.
Athéna sûrement. Parce qu'elle était la fifille à son papa. Mais ces deux nièces-là étaient définitivement les pires de toutes.

-C'est toujours un plaisir que celui de vous faire la conversation... commença-t-il en levant imperceptiblement les yeux au ciel, mais là j'ai des choses à faire. Sur ce, à jamais, j'ai un frère qui, j'en suis sûr, attend mon haïssable avec impatience.



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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Sam 13 Nov - 16:23

Héphaïstos se faisait oublier comme il le pouvait, nous laissant l'opportunité de nous haïr sans entrave, Hadès et moi. Sa perfidie me dégoutait au plus haut point, et je n'avais qu'une envie à présent - le transformer en un immonde tas de viande que je laisserais pourrir au soleil et se faire dévorer par les charognards... Rares étaient les fois où ma colère me poussait à avoir de si sombres pensées. D'apparence, Hadès était certes une beauté, mais dès qu'il ouvrait la bouche, il rompait le charme ! Et, bien évidemment, c'est ce qu'il fit... sans se faire prier, du reste.

- Voilà l'épouse cruelle qui fait son apparition. Franchement Aphrodite, tu pourrais faire preuve d'un peu de tact. Ce pauvre Héphaïstos se sent tout minuscule maintenant. Et arrêtes de m'agresser avec ces relents de niaiseries que tu me sors depuis tout à l'heure. Merci mais je n'ai même pas envie de te tuer -passer l'éternité avec une enquiquineuse comme toi... Je suis le dieu de la Mort, très chère, pas celui des masochistes.

Je haussai un sourcil devant le peu de cohérence de mon vis-à-vis. J'avais toujours pensé que vivre enfermé lui monterait à la tête, et ses paroles me le confirmaient : s'il se murmurait que Zeus perdait la boule, Hadès n'en était pas loin non plus... Qui donc avait parlé de me tuer...? Je ne répondis pas, n'ayant pas envie d'user ma précieuse salive pour un dieu comme lui, qui ne mériterait même pas que celle d'un mortel misérable le vise. Alors, la mienne... Son malaise était palpable, il devenait de plus en plus blanc - si cela était encore possible ! - et ne tarda pas à nous signaler qu'il préférait encore s'en aller plutôt que de supporter notre présence un peu plus longtemps. Qu'il s'en aille, donc ! Il ne me manquerait certainement pas ! Mais avant qu'il n'ait eut le temps de faire un geste, un cri épouvanté résonna dans ma tête.

- Qu'est-ce que...?, murmurai-je.

L'une de mes prêtresses avaient des ennuis ! Si j'en croyais le son de sa voix, il s'agissait de la plus jeune d'entre elles : Janane. Je n'avais plus de temps à perdre ici, à présent. Je lançai un regard triste à Héphaïstos et m'obligeai à me détourner de lui : les excuses seraient pour plus tard... Me concentrant, je visualisai les lieux : une forêt ?! Zeus, elle ne pouvait pas trouver plus large que ça ?


- Nous nous reverrons, Hadès., lui lançai-je avant de disparaître dans un nuage de poussière.

Quelques instants plus tard, j'étais sur Terre, à la recherche de Janane, bien loin des préoccupations qui m'habitaient face à Hadès, le laissant de nouveau seul avec mon mari.
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MessageSujet: Re: Retour au bercail   Sam 13 Nov - 18:00

Mon sursit ne fut que de courte durée. La déesse de l'amour ne s'éternisa pas. Elle me lança un regard plein de compassion en partant mais elle ne s'expliqua pas. Je me retrouvais seul avec Hadès qui n'avait qu'une envie, c'est de mettre un terme à notre entretien. Grand bien lui fasse ! Je n'allais pas le retenir contre son gré. Sa compagnie allait rapidement me rendre malade, je me sentais pourrir de l'intérieur, comme attaqué par une maladie mortelle. Je me sentais sale rien qu'en l'écoutant. Il déclara avec sarcasme :

-C'est toujours un plaisir que celui de vous faire la conversation... commença-t-il en levant imperceptiblement les yeux au ciel, mais là j'ai des choses à faire. Sur ce, à jamais, j'ai un frère qui, j'en suis sûr, attend mon haïssable avec impatience.

- Hé bien, répondis-je alors qu'Aphrodite avait disparu, je ne te retiens pas plus longtemps. Séparons-nous ici et puissions-nous nous croiser à nouveau le plus tard possible, sinon jamais. Je te laisse à tes plans diaboliques qui ne m'intéressent de toute façon aucunement.

Ma réponse était un peu lâche mais je ne me sentais pas la force de continuer à lui parler sans l'aide d'un autre dieu qui put m'aider à surmonter cette aura malsaine et nauséeuse. J'en voulais un peu à Aphrodite dont l'apparition fut trop courte à mon avis. Elle n'avait pas été d'une grande aide même si elle m'avait permis de me ressaisir un instant. Je me demandai si je ne pourrais pas me venger un peu plus tard de cet abandon. Je lui souhaitai d'avoir une bonne raison de m'abandonner ainsi. Hadès... Quel dieu malsain. Dieu de la mort, oui, mais pourquoi avait-il besoin d'être si insupportable ? La mort n'est certes pas joyeuse mais elle est nécessaire dans la vie d'un mortel. Cela fait partie du cycle de la vie. Ne pouvait-il pas se montrer... je ne sais pas, moins horriblement repoussant ? Quel besoin avait-il d'être si méprisant et méprisable ? Plus qu'un dieu de la mort, c'était un dieu de la peste. Du reste, son apparence physique tranchait singulièrement avec son être. Il était à l'image des nombreux paradoxes qui encombraient l'Olympe.
Je regardai le vide un instant et tournai les talons, m'éloignant de ce déchet le plus rapidement possible. Je regagnai la forge sans plus me demander où avait disparu Aphrodite, me promettant seulement de lui faire remarquer qu'elle m'avait honteusement abandonné.
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